
édito du 2 février 2012
Réformer à contresens…
Le 25 janvier dernier, la DSCR/ER présentait sa pâle copie de la transposition de la directive européenne pour les examens moto et Groupe Lourd.
Pâle copie car inintéressante et inadaptée pour les IPCSR tant sur le cœur du métier que sur l’organisation des journées de travail.
Le SNICA-FO a fait de nombreuses contre-propositions en séance, nous attendons de voir ce que la DSCR/ER aura pris en compte avant de nous engager sur la suite à donner à ce dossier.
Les différentes assemblées générales syndicales en région ont clairement montré le mandat qui nous était donné. La balle est dans le camp de la DSCR/ER qui peut, soit trouver une solution négociée à cette transposition, soit préférer le rapport de force. Elle prendra ses responsabilités.
Même sur un dossier comme les permis moto et lourd, (examens ne posant pas de difficultés majeures en l’état actuel), la DSCR/ER propose donc des modalités qui à la fois :
- réduisent les compétences professionnelles d’évaluation des IPCSR
- compliquent le déroulement de l’examen.
Pour la moto par exemple : des questions écrites en remplacement des questions orales (avec classeurs et feuilles réponses), un chrono, un radar, et une tablette graphique, etc.
En résumé une usine à gaz en terme d’organisation sans compter le grand paradoxe ; d’un coté on dématérialise (le 02 et le CEPC), de l’autre, on met des classeurs et feuilles réponses pour les candidats (et même une éventuelle fiche de notation pour le plateau a l’instar de ce qui se fait aujourd’hui en groupe lourd…mais qu’il faudrait, en plus, saisir à l’issue de l’examen.)
Une logique purement DSCR/ER…
A tout cela, il faut juste ajouter un argument hallucinant de la DSCR/ER qui affirme en séance que la mise en œuvre d’un chrono et d’un radar renforceront la technicité des IPCSR. Inutile d’en dire plus, chaque IPCSR comprend à quoi il est réduit en tant qu’expert avec ce type de réflexion.
Mais le problème est le fond de la transposition. Prenons un exemple : le chronométrage pour le parcours « ultra lent ».
Pourquoi ce choix français de chronométrer le « lent » non imposé par la directive européenne ? Simplement pour harmoniser les évaluations au lieu de former de manière continue les IPCSR et d’adapter l’épreuve.
Qu’est ce qui compte ?
Pour le SNICA-FO, c’est qu’un apprenti motard maîtrise les commandes pour piloter son véhicule à allure lente, pas d’en faire un pilote de trial.
Pas besoin de chrono pour cela. Il suffit d’avoir un parcours suffisamment sélectif pour que le candidat soit tenu d’utiliser ses commandes et qu’il ne pourra pas franchir en roulant sur le simple ralenti. Dans ce cadre, s’il passe les différentes portes du slalom, sans renverser de cône ou piquet et sans poser de pied à terre, il démontre ses capacités.
Le chrono est donc bien inutile, il suffit de réfléchir à un parcours imposant l’utilisation des commandes. Mais, semble-t-il, personne n’y a pensé
En conclusion, attendons les nouveaux projets de la DSCR/ER. Pour l’instant le SNICA-FO est le seul syndicat à rejeter la réforme telle que proposée dans son postulat et ses modalités.
Comptez sur nous pour ne pas galvauder les examens moto et groupe lourd.






